SIECLE DE PYGMEE TWA, 2ème chapitre, page 25 – 27

Me méfiant de tout ce qui, sur mon visage, pouvait laisser à penser que j’étais un ètre humain doué d’intelligence, je prenais la décision de ne plus ouvrir la bouche et de faire semblant de ne pas comprendre le language utilisé par les Grands Noirs et les Nuages blancs transparents.
Cela dura plusieurs jours- un laps de temps qui fut difficile à gérer et pendant lequel je tàchai de paraitre plus animal qu’humain. Mais je restais vexé de savoir qu’une paire de bottes valait plus cher que moi.. Reste que pour survivre, je me devais de n’ètre qu’un semblable des bonobos- ces amis d’enfance que je pleurias encore dans mon désespoir.
Les premiers temps de mon arrivée chez les Pères blancs, pour toute expression linguistique, j émettais un  » Grrr! » retentissant. Je me déplacais comme un petit gorille des montagnes , en me baissant d’un tiers de ma taille et en arquant mes jambes. De mème, prenais-je l’habitude de marcher en laissant balncer mes deux bras et en me dandinant comme un primate fatigué. Et qunad la générosité chrétienne s’acharnait à m’apprendre à devenir un ètre humain, je grimpais rapidement dans les arbres comme un véritable primate.
Mais voilà, je finis par me fatiguer de jouer ainsi le m a n g a b e y . Ce fut un grand jour pour les curés lorsque, me grattant le corps comme un babouin plein de poux après m’ètre balancé d’une branche à l’autre dans les arbres de la paroisse, je récitai le texte q’on m’avait appris à la manière d’un perroquet:
 » Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il….. Au nom du……  »
J’étais devenu une sorte de machine, répétant du matin au soir cette prière sacrée, sans me donner un seul moment de répit.
Quel mystère et quel casse-tète je devais représenter pour les Pères blancs qui ne me traitaient pas de mal élevé, puisqu’ aux yeux des civilisés, je ne méritais pas encore ce qualitatif trop humain. Un jour, à ma grande surprise, j’entendis le vieux Pater Ludwig dire en levant les yeux au Ciel:  » Alléluia, cet enfant a quelque chose de plus pour avoir ainsi survécu à des conditions inhumaines. Il ne peut que mériter un sort plus conforme au sacrifice du Christ…… »
C’est ainsi que commenca mon dressage, me faisant passer de l’animal à quatre pattes à l ‘animal pensant,debout sur ses deux pieds. Ayant vécu dans la vallée du Rift, j’avais , d’une certaine manière, suivi la voie empruntée par le premier homme qui, en ce mème endroit , s’était distingué des primates, voilà plusieurs millions d’années.
Dans mes premiers contacts avec le monde civilisé- tel que le définissent les Européens et les autres-, je grommelais chaque fois qu’une personne utilisait les dialectes de la région pour me parler, avant de chercher des poux imaginaires dans mes cheveux crépus. De là, pour paraitre encore plus bète qu’animal je m’arrangeais pour prononcer des phrases apprises par coeur, offrant un fleuve de mots collés les uns aux autres, et en me disant que mon entourage serait bientot à ce point agacé de ma présence qu’il me renverrait le plus vite possible dans ma jungle natale.
ainsi je m’ inventais une phrase type que j’énoncais sans prendre le temps de respirer car je pensais que les nuages blancs ne respiraient pas qunad ils parlaient très vite. A tout monent, en réponse à toute question, je disais :
« Mouaaapygméefissdémamé`éBagataOtabengamouaAfíyikiaya Twa…. « .
Avec beaucoup de patience, le vieux prètre, qui me semblait déjà si fatigué par le terrible climat des tropiques, me fit répéter ma chaine ininterrompue de mots, jusqu’á ce qu’il finisse par se retrouver dans cette étrange bouillie verbale. C’est ainsi qu’un matin, je l’netnedis s’écrier  » J’ai compris! Le petit a dit :Moi, je suis pygmée, fils de ma mère Bagata Otabenga.Mon nom est Afrikyah Twa. « 

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