l’homme du Troupeau du Sahel, page 61-63

Mainguai s’était retrouvé à la tète d’une petite unité d’éclaireurs indigènes de la surveillance des frontières. Après quelques jours d’entrainement dans les environs de Man, en Cote d’Ivoire , il ne savait toujours pas le but de la mission.
Dès le premier jour de son arrivée, un ancien de la Légion étrangère ,qui dirigeait le cantonnement, lui avait présenté les membres de son équipe.
Il y avait là un contrebandier guinéen du nom d ‘Ansoumani qui, à lui seul, avait tenu tète pendant trois ans à la douane régionale de la Basse-Guinée. Faisaient également partie de l’équipe : Samb, un pècheur lébou d’origine sénégalaise; Kollé, originaire de la région de Tombouctou, berger nomade des grands espaces sahéliens ; enfin, un typique autochtone ivoirien du nom de Koffi qui avait grandi dans la région où allait ètre envoyé le groupe.
Dès la fin de l’entrainement, Maingai ,à la tète de sa petite unité, avait rejoint la zone frontalière s’étendant de Tabou à Man.
Ils avaient pour objectif de chercher, réunir et rassembler des informations .Lesquelles ?… Rien ne leur fut immédiatement précisé. Ce dont ils étaient certains, c’est qu’ils devaient ètre en contact permanent avec le commandant du Cercle de Man, responsable principal de l’opération sur le terrain.
Il semblait que les autorités territoriales, en relation directe avec le gouvernement général de l’Afrique Occidentale à Dakar, savaient exactement le but poursuivi par l’Unité Tsé-Tsé, comme l’apellaient les rares membres bien informés du cabinet du gouvernement territorial d’Abidjan. La difficulté résidait principalement dans l íncertitude que crée une telle sorte de mission quelque peu spéciale , car personne,mème pas Mainguai, ne connaissait le but final de leur travail. Une fois par semaine, ils devaient transmettre les renseignements recueillis et recevoir de nouvelles instructions de la part du chef des opérations commandées.La mission consistait également en une exploration approfondie de la région libérienne frontalière se situant entre les rivières Grand Chess et Cavally. Ils devaient en établier une topographietrès approximative et relever tous les signes de passage d’hommes ou d’animaux, si possible photographier tout endroit pouvant ressembler à une clairière ou un champ abandonné.
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Aucun renseignement n’était négligeable à cette période de recherches, toutes les données informatives étaient transmises. Dans le cas des troupeaux , il se trouvait que depuis quelques jours, plusieurs groupes de Sahéliens accompagnés parfois de leur beétail étaient arrivés dans la région. Une telle invasion n’avait pas manqué d’attirer l’attention de l’Unité Tsé-Tsé.
Mainguai avait conseillé aux membres de son équipe de suivre de près les mouvements de ces étrangers. Ce n’était pas chose facile, car tout laissait supposer que les inconnus étainent ballotés tout le long des journées d’un hameau à un autre, d’une clairière à une autre, dans l’immense région frontalière.
Ils ne suivaient jamais les mèmes chemins, encore moins le mème parcours. C’était une véritable marche du « fou » sur un échiquier. Très souvent ,des petits groupes empruntaient des sentiers de forèt. Koffi avait suggéré qu’il valait mieux axer les efforts sur les hameaux, puis de préciser: » Comme nous connaissons déjà la plupart des petites agglomérations villageoises et mème les champs abandonnés de la région susceptibles de servir de point de rassemblement, nous devrions coopérer avec les indigènes pour cerner les différents sens de déplacements des Saheĺiens dans la région. » Mainguai ,après avoir consulté les membres de l’Unité Tsé-Tsé, avait donné son accord.

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